Fatima Al Fihria : fondatrice de la plus ancienne université au monde

par | 25 mai 2019 | Femmes musulmanes dans l'histoire, Portraits

« Lis, lis au nom de ton Seigneur », telle fut la première révélation faite au prophète de l’islam par son Créateur, telle fut la première révélation qui vint alimenter le célèbre livre sacré consulté quotidiennement par les musulman.e.s. Face à cette révélation, il va de soit que la recherche du savoir est centrale et fondamentale. Ce premier verset en est un rappel, destiné à l’ensemble des croyant.e.s, femmes, hommes et enfants confondu.e.s.
La femme dont nous allons parler aujourd’hui l’avait semble-t-il très bien compris. Elle fut de ceux et celles qui consacrèrent leur vie, leur temps et leur fortune pour l’acquisition de cette finalité. La femme dont nous allons parler, bien plus que de rechercher le savoir à son échelle, fit le choix de créer les outils qui permirent à un grand nombre de personnes, musulman.e.s comme non-musulman.e.s, croyant.e.s comme non croyant.e.s d’accéder au savoir dans sa globalité.
Fondatrice de la première université du monde, Fatima Al Fihria dédia tout ce qu’elle avait à ce projet qu’elle voulut penser comme un cadeau, une offrande au nom du divin. Marchons ensemble sur ses pas et découvrons son incroyable impact qui perdura bien après la date de son décès.

Issue du célèbre clan de la famille des Fihrides, c’est à Kairouan en l’an 800 que Fatima vit le jour. Elle fut la fille de Mohamed al-Fihri, un riche marchand connu dans toute la ville de Kairouan. C’est dans cette ville commerçante que Fatima et sa sœur Maryam grandirent et évoluèrent. Elles y nourrirent leur curiosité, et flânèrent ensemble à travers les allées du souk faites de marchands d’épices, de parfums, de bijoux et de métaux précieux en tout genre.

Issues d’une famille pieuse et pratiquante, les deux sœurs reçurent très tôt une éducation religieuse portée sur l’apprentissage des textes sacrés et des histoires relatives à la vie du prophète et à ceux et celles l’ayant accompagné.e.s.

A l’âge de 19 ans, Fatima se maria avec l’un de ses voisins. Ensemble, ils eurent deux fils. Leur éducation devint alors sa priorité et partout où elle allait, les deux jeunes garçons l’accompagnaient, ce qui lui valut le surnom de Oum Al Banine, « la mère des deux enfants ». Alors qu’ils vivaient paisiblement en famille, plusieurs événements tragiques vinrent bousculer leur quotidien.

Aux alentours des années 820, la mère de Fatima et de Miryam décéda, laissant place à un immense chagrin familial, car la figure maternelle occupait une place centrale. Encore endeuillée, la famille dut faire face aux violentes émeutes qui éclatèrent à Kairouan, la conduisant à fuir l’insécurité pour s’exiler au Maroc. C’est dans la ville de Fès, où déjà plus de 800 familles musulmanes et juives venues d’Andalousie s’étaient réfugiées, qu’ils décidèrent de poser bagage en 825.

Quelques années après leur arrivée, l’époux et le père de Fatima décédèrent. Les deux sœurs devinrent donc les héritières d’une fortune conséquente. Après réflexion, elles décidèrent toutes deux de dépenser leur héritage au service de la communauté pour honorer la mémoire de celui qui leur avait tout donné. Souhaitant vivre dans la dévotion et l’extrême simplicité, elles consacrèrent l’ensemble de leur richesse à la construction d’œuvres pieuses.

Fatima, bien que n’ayant aucune compétence en architecture, souhaita commencer avec la construction d’une mosquée dans le quartier d’Al Quaraouiyine. Elle acheta donc à proximité un terrain nu. Entourée de personnes pour la conseiller, elle commença à creuser les premières fondations le premier jour du mois de Ramadan de l’an 859.

Pendant que Fatima entreprit le chantier de la mosquée Al Quaraouiyine, sa sœur Maryam dirigea la construction d’une mosquée dans le quartier Al-Andalous. Fatima fit le choix d’extraire tous les matériaux de construction d’un terrain voisin et s’engagea à jeûner tous les jours jusqu’à la fin des travaux. Elle jeûna donc trois années durant et fonda la mosquée Al Quaraouiyine ainsi qu’une université accolée. Elle construisit donc la plus ancienne université du monde encore en activité aujourd’hui.

Fès, qui faisait déjà partie des villes les plus influentes du monde musulman, joua un rôle encore plus central avec la fondation de cette mosquée et université. Des grand.e.s penseur.se.s du monde entier s’y rendaient afin d’étudier. Parmi ceux et celles-ci l’on peut notamment citer Abou Al-Abbas al-Zwawi, Abou Madhab al-Fâsi, un grand théoricien de l’école malékite, ou encore Léon l’Africain, le célèbre voyageur et écrivain. Des sommités y auraient notamment enseigné, l’on peut citer, le grand Ibn al-‘Arabi, l’historien Ibn al-Khaldoun ou l’astronome andalous Al Bitruji.

L’université joua un rôle de premier plan dans les relations culturelles et universitaires entre le monde islamique et l’Europe. En effet, l’université ne dispensa pas seulement un savoir religieux, mais un savoir profane et scientifique y étaient rendu accessibles. Ainsi des cours de grammaire, de médecine, de mathématiques, d’astronomie, de chimie, d’histoire, de géographie, et même de musique étaient proposés !

Cette polyvalence en fit une institution de savoir à part entière. Grâce à Fatima, Al Quaraouiyine attira ainsi des érudit.e.s et des étudiant.e.s du monde entier, et de toutes confessions. Un célèbre philosophe et théologien juif, Ibn Maimoun ou encore Gerbert d’Aurillac, qui devint le pape Sylvestre II furent également des élèves assidus.

Aujourd’hui, la mosquée comprend l’une des plus grandes bibliothèques du Maroc et contient notamment des milliers d’ouvrages et manuscrits rares, comme le Muwatta de l’imam Malik et la Sirah d’Ibn Ishaq.

Fatima el Fihriya mourut en 880 à l’âge de 80 ans. Nul ne sait où elle est enterrée, ni ne connaît sa descendance. Cependant, son œuvre, la Quaraouiyine, est reconnue dans le monde entier. Le Livre Guinness des records et l’Unesco la présente notamment comme l’université la plus ancienne au monde, bien avant ¬Bologne, Oxford, Salamanque ou La Sorbonne.

Aujourd’hui, il est attesté que la générosité, la bonté et l’intelligence de Fatima permirent l’émergence d’un des plus grands centres architectural et intellectuel. Œuvrer dans ce bas-monde pour satisfaire Dieu et construire son au-delà fut la devise de Fatima, si bien qu’elle la traduisit quotidiennement en actions.

Pour la construction de cette mosquée et le don de temps et de moyens qu’elle consacra pour la réaliser, Fatima est très respectée au Maroc et notamment à Fès où un musée lui est dédié. Plusieurs prix en son honneur nous rappelle le fascinant travail qu’elle a effectué.

Un prix portant son nom fut créé en 2017 par le Programme MED21, un réseau de Prix meditéerranien, afin de récompenser les initiatives pour l’accès des femmes à la formation et aux responsabilités professionnelles ainsi qu’un programme universitaire et une bourse « Erasmus Mundus Fatima al-Fihri », destinée aux étudiant.e.s universitaires d’Europe et d’Afrique du Nord.

Alors si un jour vous vous rendez dans la ville de Fès, n’oubliez surtout pas d’aller marcher sur ses pas en entrant visiter l’université et prier en sa mémoire dans la célèbre mosquée.

Crédit image à la une : Imène. Imène est graphiste, illustratrice et rédactrice. Pour découvrir ses projets et travaux, je vous invite à visiter ses différentes pages :
➡️ benhimene.wixsite.com/nomfeminin
➡️ www.raconte-editions.fr
➡️ Et page Instagram @raconte_editions

Diffuse la bonne parole

Option Avantages Inconvénients

Dialogue interne

Rapide, préserve les relations si fonctionne Risque de non-résolution
Saisine des RH/DRH Trace écrite, procédure encadrée Dépend de la bonne volonté de l’entreprise
Saisine auprès du  Défenseur des Droits Gratuit, spécialisé Procédure pouvant prendre du temps
Action en justice Peut obtenir réparation Long (1 à 3 ans), coûteux, peut être source de stress.

Votre santé mentale avant tout
Les procédures contentieuses peuvent être longues, pénibles et éprouvantes. Nous avons conscience que bien des entreprises ne respectent pas rigoureusement la législation, et interdisent abusivement le port du foulard. Si nous soutenons, et saluons le courage de toutes celles qui portent ces affaires en justice, nous avons conscience que le coût moral, psychologique, de ces procédures est important. Vous n’avez aucune obligation morale d’agir pour faire valoir vos droits, même quand vous savez qu’ils ont été bafoués. 

Bibliographie pour approfondir 

Code du travail

 

Code pénal

Loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000032968676


Cour de cassation

  • Ass. plén., 25 juin 2014, n° 13-28.369 : Clause de neutralité et discrimination indirecte
  • Ch. soc., 22 novembre 2017 : Limites de la clause de neutralité dans l’entreprise
  • Ch. soc., 14 avril 2021, Pourvoi n° 19-24.079 : Gêne clientériale non légitime

Cour de justice de l’Union européenne

  • Grande chambre, 14 mars 2017, affaires C-188/15 et C-157/15 : Neutralité et signe religieux au travail

Défenseur des Droits
Ressources et saisine gratuite en cas de discrimination
https://www.defenseurdesdrots.fr

Lallab
Accompagnement spécifique et ressources sur la laïcité et les discriminations
https://lallab.org

Ministère du Travail
Informations sur les droits des salariés et laïcité en entreprise
https://travail-emploi.gouv.fr


Lysandra & l’équipe soutien

Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.