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Khadija : mécène de l’islam

La femme dont nous allons parler aujourd’hui, je suis presque certaine que vous la connaissez, je suis presque certaine que vous l’avez même peut-être à plusieurs reprises déjà citée.
Cette femme est en somme la référence féminine musulmane. Elle fait partie des pionnières de l’islam, elle fut un soutien émotionnel, un soutien financier, un soutien politique, bref ce genre de soutien inébranlable qui permet de transformer les visions en réalité, qui permet de rassurer, qui permet de réconforter, d’accompagner. Avez-vous deviné de qui nous allons parler ?
J’ai longuement hésité à faire figurer son histoire parmi les 30 femmes sélectionnées. Je partais du principe que son histoire était déjà trop relatée et que certainement bien d’autres femmes totalement oubliées méritaient davantage d’être racontées. J’ai finalement changé d’avis lorsqu’en cherchant à me documenter à son sujet, je n’ai trouvé que trop peu de sources lui rendant pleinement hommage, trop peu de sources rappelant à quel point cette figure fut incontournable, à quel point elle fut l’un des piliers majeurs du développement de l’islam des premiers temps, à quel point l’islam ne se serait pas si aisément diffusée si cette femme n’avait pas été.
J’ai finalement également été convaincue et ai pris la plume, lorsque j’ai su que Khadija nous avait quitté.e.s lors de la dixième nuit du mois de Ramadan en l’an 620.
Alors j’ai commencé à rédiger en me disant qu’en cette 10ème nuit de Ramadan 2019, 1399 ans jour pour jour après, je tenterai modestement de lui rendre hommage dans des termes profonds, sincères et justes.

 

Concernant les sources, il y a à son sujet un réel avantage. L’avantage avec Khadija, c’est que depuis mon enfance, l’on me conte son histoire, l’on me rappelle à quel point cette femme fut exceptionnelle, à quel point elle devrait être pour moi un modèle.

J’ai donc voulu aujourd’hui relever un challenge. Ce challenge, c’est de vous raconter son histoire à travers mon regard, c’est de la sublimer, mais surtout de l’appréhender sous un prisme quelque peu différent. J’aimerais aujourd’hui vous présenter Khadija comme étant bien plus que l’épouse du Prophète, j’aimerais vous montrer à quel point elle fut essentielle dans le cheminement de la révélation, à quel point elle fut essentielle durant ces nombreuses années de répression. J’espère ne pas vous décevoir, j’espère réellement qu’à la fin de cette lecture, vous repartirez avec, à son sujet, comme un nouveau regard.
 
C’est parti, sans plus attendre, rendons à Khadija ses lettres de noblesse !
 
Khadija, connue également sous le nom de Khadijah bint al-Khuwaylid, naquit vers l’an 555 à la Mecque. Femme d’affaires et négociante, Khadija faisait partie de ces puissant.e.s entrepreneur.e.s qui géraient d’une main de fer leurs relations commerciales. Face à cette femme dans les contrées voisines, naturellement un grand respect s’imposait.

Khadija était une leader au sein de sa communauté et grâce à elle, un grand nombre de famille pouvait s’alimenter et subvenir à leurs besoins. En effet, il semblerait que le nombre de caravanes que possédait Khadija égalait et peut-être surpassait le nombre de caravanes que possédaient les autres commerçants de la tribu des Quraysh. Afin de faire proliférer son commerce, elle avait au sein de ses équipes un grand nombre de personnes à son service en charge de vendre sa marchandise et de la faire transiter de la Mecque à la Syrie, puis de la Syrie à la Jordanie et au Yémen.

Parmi ceux-là, elle recruta un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années, ce jeune homme, orphelin de père et de mère, n’avait que peu de ressources financières. Il s’était présenté à elle, sollicitant son aide en échange de ses services. Motivé et compétent, Muhammad prit très vite des responsabilités et devint l’un de ses hommes de confiance.

En plus d’être une brillante entrepreneure, Khadija était également mère de famille. En effet, de ses deux précédents mariages dont elle était à présent veuve, elle avait eu plusieurs enfants dont l’un avait survécu et était à sa charge. Elle parvenait pourtant parfaitement à concilier ses affaires personnelles et professionnelles tout en venant en aide financièrement et matériellement aux nécessiteux de son quartier.

Après quelques temps de travail au côté de Muhammad, marquée par la sagesse, la gentillesse et la patience de son jeune employé, elle fit savoir à l’une de ses proches amies, Nafaysa, qu’elle souhaitait l’épouser.

C’est ainsi qu’elle prit la responsabilité d’aller lui faire savoir qu’elle souhaitait avec lui fonder un foyer. Ce à quoi il répondit qu’il n’avait pas les moyens d’entretenir une famille, qu’il ne comprenait pas pourquoi elle s’intéressait à lui alors qu’un grand nombre de notables avaient déjà essayé et s’étaient pourtant vu repoussés.

En 595, alors âgée de 40 ans, Khadija épousa Muhammad qui lui en avait 25. C’est ainsi que pour eux débuta une longue aventure de 25 années, 25 années où ils furent ensemble grandement éprouvés. Quinze années après leur mariage, alors qu’ils étaient heureux parents et que leurs affaires prospéraient, les premières révélations divines se manifestèrent à Muhammad… dans la douleur.

En effet, cela sonnait pour eux le début des premières années de difficulté. Muhammad ne parvenait plus à trouver le sommeil, effrayé par les révélations qui lui étaient faites et dont il ne parvenait pas à saisir le sens. Alors qu’effrayé par l’état dans lequel il finissait par se convaincre qu’une sorte folie maladive le gagnait, Khadija passait son temps à l’écouter, à le rassurer et à tenter de comprendre pourquoi tout cela se produisait. Ces premières années furent pour elle le début d’une patience et d’un soutien inébranlable de sa part.

A force d’écoute, de réflexion commune, et de bienveillance à son égard, elle finit par lui faire accepter sa destinée. Muhammad avait été choisi comme messager de Dieu. Afin d’affirmer son soutien, Khadija devint la première convertie de l’islam. Après avoir été pour son époux un soutien financier, elle devient également pour lui son premier soutien moral. Soutien qui permettra à l’un des hommes les plus importants de ce monde aujourd’hui de se construire et de s’accepter.

Mais ce n’était pour eux que le début des difficultés. En effet, le Prophète commença à partager les révélations qui lui avaient été faites et à prêcher sa nouvelle religion. En quelques années les adeptes furent de plus en plus nombreux, issus de tous les clans et de toutes les catégories sociales.

Ainsi, face à cet engouement, les Mecquois, jusqu’alors polythéistes, tentèrent de stopper ce mouvement en réprimandant les nouveaux croyants. Ils commencèrent dans un premier temps à infliger tortures et persécutions aux musulmans les plus faibles en les faisant notamment esclaves. C’était sans compter sur le soutien de Khadija, qui n’hésita pas à missionner quelqu’un pour aller acheter l’ensemble des nouveaux croyants alors mis en esclavage afin de leur rendre leur liberté. Les violences à l’égard des musulman.e.s ne cessaient de se renforcer, un embargo s’imposait à présent dans la ville de la Mecque.

En 616, tous les commerçants de la Mecque avaient l’interdiction de vendre aux musulman.e.s quelconques denrées alimentaires. C’est ainsi qu’une fois de plus Khadija prit la responsabilité de subvenir secrètement aux besoins de la communauté musulmane naissante en se fournissant en eau et nourriture dans les contrées voisines. Elle joua ce rôle durant les quatre années d’embargo au terme desquelles elle décéda.

Des années encore après sa mort, elle restait une référence pour le Prophète qui passait son temps à l’honorer, à la citer, à puiser ses ressources dans le souvenir de ce qu’elle était.
 
Au-delà d’être l’épouse du prophète, Khadija est un modèle de leadership féminin comme nous en trouvons peu ailleurs. Femme active, mère de famille, soutien infaillible pour sa communauté, Khadija, avant même de rencontrer Muhammad, était sur tous les fronts.

Après son mariage, elle continua sur cette lignée notamment en appuyant la mission prophétique de Muhammad. Ses encouragements, sa patience, son aide et sa bienveillance aidèrent le Prophète à croire en ses visions et ainsi à propager l’Islam.

Plus qu’un soutien moral, Khadija fut la référence pour Muhammad, elle fut son cap, elle fut sa boussole, elle fut la seule, elle fut l’unique. Elle fut son soutien financier du début de vie mais aussi du début de prophétie. Elle fut son soutien émotionnel lorsqu’il en avait besoin. Elle fut également et surtout un soutien pour l’ensemble des premier.e.s croyantes. En effet, en investissant sa richesse, elle permit aux premier.e.s musulman.e.s de faire face aux violences infligées par les Mecquois et ainsi au message de perdurer.

Rendons ses lettres de noblesse à Khadija et acceptons que plus que l’épouse du Prophète, elle fut celle qui le nourrit, elle fut celle qui lui permit d’accepter la destinée qui lui était confiée, elle fut celle qui mit sa richesse à disposition durant les années de répression. Elle fit tout cela, alors si le message d’un berger devenu commerçant a pris une telle ampleur en 1300 ans, gardons avant tout à l’esprit que c’est avant tout le fait de cette femme !
 
 
Crédit image à la une : Sist’art. Ce n’est pas une mais 3 illustratrices que nous avons le plaisir de mettre à l’honneur aujourd’hui. Sist’art c’est l’histoire de 3 soeurs passionnées d’art et de dessins.
Pour découvrir leur univers, rendez vous sur instagram : @taekanddoart et @sistart.comics

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