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Soumaya : remettre l’humain au coeur des débats

Film indépendant inspiré d’une histoire vraie, Soumaya nous plonge dans le récit d’une femme musulmane sans histoire qui, du jour au lendemain, a subit une perquisition et un licenciement abusif. Alors que sa vie bascule, elle nous livre son combat et les répercussions sur sa vie professionnelle mais aussi au sein de sa propre famille.

 
« Soumaya est cadre dans une société de transport. Alors qu’elle est employée depuis quatorze ans, elle apprend du jour au lendemain qu’elle est licenciée, et découvre le soir-même à la télévision les raisons de son licenciement. Elle décide alors d’exercer un droit de réponse très particulier…« .

Voilà le résumé que l’on peut trouver sur le site officiel du film. Islamophobie, sexisme, dérives de l’état d’urgence, ambiance post-attentat, Soumaya – tiré d’une histoire vraie – aborde de front de nombreux sujets brûlants, afin de mieux les analyser et les déconstruire.

 

 

“Censuré par certains, plébiscité par d’autres…”

 
Des sujets trop brûlants, apparemment, pour certains. Car avant même la projection du film, les critiques ne se font pas attendre sur les réseaux sociaux largement influencées par les sites d’extrême droite.

Initialement programmé au Grand Rex à Paris pour son avant-première, et alors que l’acompte avait été payé et qu’il ne manquait que la confirmation, le directeur de la salle aurait finalement cédé face aux pressions de la fachosphère ! C’est ainsi que la diffusion du film a été déprogrammée dans cette salle, laissant les équipes du film face à cette décision “injuste”. “Le plus grave dans tout ça, c’est qu’ils ont censuré un film qu’ils n’ont jamais vu !” raconte le co-réalisateur.

Avant même cette avant-première, le film a fait face à de nombreuses difficultés ne serait-ce que pour exister. L’équipe du film a commencé par organiser un crowdfunding, qui s’est révélé insuffisant. C’est un mécène qui, croyant à la nécessité d’un tel projet, choisit de financer le film à hauteur de 27.000 euros. Une somme qui reste bien dérisoire pour un long-métrage, qui ne permettra pas de payer les acteur.rices, tou.te.s bénévoles, mais qui permettra grâce à la passion, à l’investissement et à l’acharnement de toute l’équipe de produire un vrai film, puissant et important.
 

Un film “petit budget” mais riche en émotions !

 
Lors de l’avant-première du vendredi 30 août au CGR Paris Lilas, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous avons été accueillies par l’équipe du film en tant que Lallas.

À travers des personnages poignants, complexes et loin des stéréotypes habituels, nous avons été littéralement tenus en haleine du début jusqu’à la fin du film. Pour la première fois, le récit d’une femme musulmane dans une société occidentale est retracé en partant du point de vue des principales concernées; pour une fois, on nous montre l’histoire d’une femme qui se bat contre les préjugés, contre les mots d’un imaginaire à peine voilé… Quel bonheur de pouvoir enfin s’identifier à un scénario mis en avant sur Grand Écran !

Le vécu de Soumaya résonne particulièrement fort, et douloureusement aussi, avec celui de tant de femmes musulmanes aujourd’hui en France, notamment les plus visibles d’entre elles, celles qui ont choisi de porter un foulard, qui doivent se battre au quotidien pour pouvoir vivre comme elles l’entendent, pour faire respecter leurs droits et pour se faire respecter elles, en tant que citoyennes à part entière mais aussi tout simplement en tant qu’être humain. Car la société française, via les discours politiques et médiatiques incessants, atteint un tel niveau de déshumanisation des femmes musulmanes, qu’on en est là, aujourd’hui, à rappeler que nous méritons de vivre dignement comme tout le monde.

Ce long métrage, réalisé par Waheed Khan et Ubaydah Abu-Usayd, c’est aussi l’histoire de nombreux Français sous l’état d’urgence, d’où l’importance de se réapproprier nos récits et de faire entendre nos voix au plus grand nombre.

A l’issue de la projection, un débat avec les réalisateurs et acteurs nous a permis de donner nos réactions à chaud. Animée par la journaliste Sihame Assbague, cette dernière évoque également le traitement médiatique réservé au film… On peut effectivement s’interroger sur le manque d’intérêt des grands médias sur un sujet pourtant aussi important aujourd’hui en France.

Espérons que ce film ouvre la voie à d’autres projets pour diversifier un cinéma Français encore trop frileux sur certaines thématiques. Et que ce très beau film aura le succès qu’il mérite…
 

 

Envie de soutenir le projet ?

 
Qui dit petit budget et impossibilité d’utiliser les canaux de diffusion habituels dit débrouille et artisanat. C’est plus fastidieux, plus épuisant, certainement moins rémunérateur, mais cela nous donne d’autant plus la possibilité de soutenir ce film et la tournée qu’il réalise partout en France !

Toutes les dates et informations pour réserver les billets se trouvent sur le site https://www.soumaya.fr

Il y aura ainsi dans les jours à venir des projections à Clermont-Ferrand et Mantes la Jolie ainsi qu’à Paris, pour une séance suivie d’une rencontre avec l’équipe qui aura lieu le 26 novembre à 19h30 à l’Université Paris-Dauphine.

Envie d’une projection dans votre ville ? Faites-le savoir aux équipes en utilisant le hashtag #soumayadansmaville.

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