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La foi au service de la résistance, la spiritualité au service de la résilience

Quelle est notre plus grande force ? À nous, militantes féministes musulmanes ?
C’est devant le film “Derrière les fronts : résistance et résilience en Palestine” que je me suis rappelé que cette force, c’était notre foi.

 

À mesure que retentissent les voix, les paroles musicales de Sanaa Moussa, Julia Boutros ou Shadia Mansour, à mesure que défilent des images imprégnées de l’âme palestinienne, Alexandra Dols nous emporte . Militante féministe anti-impérialiste, réalisatrice, Alexandra Dols nous emmène avec elle à travers un chemin périlleux, un chemin qui a peut-être été risqué, mais qui nous offre un petit bout de divin ici-bas. Un petit bout de divin. Le Sublime.

 

En ces temps parfois difficiles où tout ce système nous pousse à nous mettre en retrait et à invisibiliser nos luttes, il y a cette petite voix intérieure qui nous enflamme  et nous permet de continuer.

 

Continuer, ne rien lâcher, et cela, en toute sororité. C’est ce qu’Alexandra Dols met merveilleusement en avant à travers les combats queers, féministes et décoloniaux de puissant.e.s palestinien.ne.s qui luttent contre l’occupation.

 

Assoiffés de justice et emplis d’injustices, les territoires palestiniens dégagent malgré tout une magnifique atmosphère rythmée par les adhan et les chants spirituels, la simplicité, l’essentiel. Car il ne reste plus que ça, n’est-ce pas ?

 

La Paix du divin devient la seule à laquelle on peut se raccrocher. 

 

Mettre leur foi au service de la résistance, c’est ce que font les nombreuses femmes interviewées qui conjuguent féminismes et islamité :

 

Samah Jabr, experte, psychiatre, nous explique en quoi la colonisation des territoires est aussi une colonisation mentale, affectant la santé des palestinien.nes. Elle aide ses patient.e.s à se désaliéner, à décoloniser leur état d’esprit malgré les nombreux traumas sans cesse revivifiés. Les questions de santé mentale, de self care et de community care s’entremêlent et rejoignent, également les questions d’héritage, de transmissions.

 

 

Ainsi, comment peut-on affirmer et conjuguer ses multiples identités, sans jamais renoncer à l’une d’entre elles comme son identité palestinienne ? Ghadir Al Shafie, femme à la fois palestienne, musulmane et lesbienne, nous mène vers ces réflexions à travers la lutte contre l’occupation et le pinkwashing présent en territoires occupés.

 

Comment fait-on pour résister dans ce contexte ? Pour lutter contre les violences policières, protéger ses enfants, survivre face à cette peur qui nous ronge et nous empêche de véritablement souffler ? C’est ce que nous démontre Deema Zalloum mais aussi Rula Abu Diho, ancienne prisonnière politique.

 

À travers le regard d’Alexandra Dols porté sur cette convergence de luttes, on se sent emporté.e, on est plongé.e, transporté.e, et on a pas envie que ça s’arrête, mais en même temps on peut avoir besoin de pauses.

 

SubhanAllah. 

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit, je te jure. D’ailleurs je n’ai même pas capté que le film allait se terminer. J’étais devant, et j’ai vu que c’était la fin mais j’avais pas envie que ça se termine. J’ai pas les mots mais tout ce que je peux dire c’est que c’est hyper poignant. Franchement Bravo Alex, c’est un travail immense, un film d’une tristesse infinie et en même temps d’une puissance et d’une force sans équivalent.J’en reste encore émue et j’ai beaucoup d’admiration pour tout ce que tu as fait et cette merveilleuse psychiatre présente tout au long du film. Toutes les personnes interviewées et leurs témoignages sont juste bouleversants.

 

 

C’est l’art au service de nos luttes, de nos convictions, de nos aspirations, l’art au service de notre thérapie collective.

Tous ces mots, la musique, toutes ces images…. Tout, tout ! SubhAnallah. Il y a une phrase qui m’a beaucoup marquée ; quand la psychiatre dit :

« L’occupation n’est pas seulement un contrôle du territoire. Et s’insinue dans les os et les esprits des Palestinien.ne.s.

 

“Les coquelicots continueront à pousser sous les ruines d’un pont….

 

Le son, les images, le déroulé… tout est tellement bien fait. C’est à la fois un film politisé, engagé, très concret, réaliste et qui incarne véritablement nos combats pour la justice, contre toutes les formes d’oppressions.

 

Le peu de films qui m’ont marquée sont quasi tous sur la Palestine…. dont Les Citronniers….

Je pense que Derrière les Fronts, pour moi, c’est clairement un des films les plus marquants.

 

J’ai été particulièrement touchée par ce film. Par différentes formes de tension et de prières.

 

Au début j’avais les bras croisés, je me sentais plutôt en colère… puis je me suis rendue compte que petit à petit j’avais les bras sur le cœur, comme quand tu pries, les mains en dessous de ma poitrine. C’était hyper prenant.

 

Certes c’est infiniment triste et il y a des témoignages durs et en même temps on voit la force qu’il y a derrière, on voit la force de la résistance, celle qui se transmet notamment à travers l’art, la danse.

 

Le film porte très bien son nom, et quelque chose me murmure qu’au-delà même de l’art comme outil émancipateur facilitant nos thérapies, notre foi est au service notre résistance, notre spiritualité au service notre résilience. Ce “sumud” décrit et illustré par ce film n’est pas seulement un état d’esprit mais bien une force immense qui nous pousse à agir.

 

Et je suis sûre que ça peut résonner en chacune et chacun de nous. Nous avons toutes et tous une responsabilité à notre échelle.

 

Me rappelant des souvenirs du Caire et d’Abou Dhabi, des soirées palestiniennes et un voyage en Jordanie, je me demande : pourquoi n’ai-je pas regardé ce film plus tôt ?

 

À la thérapie se mêlent entre autres l’art, la spiritualité et le militantisme. La Beauté. MashAllah

 

Foncez !

 

Mille mercis à Alexandra Dols et à toutes les personnes qui ont contribué à ce film qui ajoute à ce monde ici-bas un petit bout de Divin qui nous laisse tout sauf indifférent.e.s. Un petit bout de Divin qui nous redonne la force et l’énergie, celle de croire, de lutter et d’aspirer à un monde meilleur.

 

Pour aller plus loin : 

10 raisons pour lesquelles le film Derrière les fronts va faire du bien à votre féminisme ! par la réalisatrice Alexandra Dols : https://bit.ly/3az0poh

Pour soutenir et voir le film en ligne : http://derrierelesfrontslefilm.fr

Film en VOD : https://vimeo.com/user44880668

Et si vous voulez découvrir la gastronomie palestinienne, la résistance dans l’assiette c’est par ici, chez Ardi : https://www.instagram.com/ardi.concept.store/?hl=en

Voir l’article sur Rania Talala : https://www.lallab.org/rania-talala-la-resistance-palestinienne-dans-lassiette/

 

Crédit photo à la Une : HybridPulse

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