[Ateliers d’écriture] Raconter ma foi en prose poétique

par | 8 mai 2020 | Ateliers d'écriture, Nos Voix

Lallab organise en partenariat avec Amy Tounkara, écrivaine et fondatrice de La femme en papier des ateliers d’écriture mensuels exclusivement réservés aux femmes musulmanes.
Il était important pour nous de créer un espace de bienveillance et de libre parole dans ce climat sexiste, raciste et islamophobe généralisée. L’objectif aussi, à travers les écrits que nous publions, est de mettre en évidence d’un côté la singularité de nos parcours de vie, le fait que LA femme musulmane dont on entend tant parler dans les médias n’existe pas; et d’un autre côté l’universalité de nos récits.
Les ateliers d’écriture ont pour but de créer un espace bienveillant afin de rendre l’écriture accessible à toutes et permettre à chacune de reprendre la narration de son histoire.
C’est une occasion à la fois d’écrire, parce que l’écriture est un exutoire, une affirmation de soi et une possibilité de développer sa créativité. Mais aussi une occasion de partager ses expériences, de libérer sa parole sur des discriminations et de rêver ensemble.
Lallab publie les textes des participantes qui le souhaitent.

 

Thème : Utiliser la métaphore filée pour mettre des mots sur ma relation avec Allah

 

Ma foi me fait penser à une batterie de téléphone. De celle, que tu dois recharger souvent, car sinon ton téléphone s’éteint. Celle qui passe rapidement du vert au rouge, car le téléphone est en stockage maximum. Il est rempli de cette vie, des tracas du quotidien, des souvenirs et d’un passé lointain. Il est plein d’informations : en saturation.
Ce qui use ta batterie, c’est toutes ces applications en arrière-plan. Tu n’arrives pas à les fermer. Le travail, la famille, tes études, tes amis… Ils prennent beaucoup de place, jusqu’à te faire oublier celle que ta foi doit avoir. Tu es en batterie faible.
Mais tu ne peux pas avancer sans. Tu le sais, tu as déjà essayé. Tu y arrives un peu, tu erres et tu as le sentiment de parcourir du chemin. Tu finis par te perdre, et tu recherches désespérément de quoi te recharger. Un tapis de prière, un Coran, un jour de jeûne, et te revoilà dans le vert.
Le problème, c’est que tu attends souvent d’être dans le rouge pour te rendre compte qu’il te manque quelque chose. Il te faut une notification, un choc : la perte d’un proche, le chant des oiseaux le matin, une pandémie. Tout peut t’amener à te souvenir de Dieu, mais tu as rarement le temps puisque tu es happée par les applications. Instagram, Twitter, Snapchat.
C’est une situation difficile, puisque le chargeur est abimé. Ce lien entre Allah et toi : il est si fragile, mais tu as le sentiment qu’il ne se cassera jamais. Tu y mets du scotch, pour éviter de payer le prix fort. Tu rafistoles et tu avises. Ça a toujours fonctionné jusque-là.
Ma foi me fait penser à une batterie faible. De celle que tu dois recharger souvent.

 

Ecrit par Myriam

Crédit photo : Lallab

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