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J’ai directement pensé à un cri du coeur…

J’ai directement pensé à un cri du cœur.

Impression que tout les reproches pour toutes les fautes du monde s’entassent devant ma porte.

Je suis celle qu’on pointe de toutes les voix en colère.

En fait, si je parle en mon nom propre, depuis que j’ai porté mon foulard, je n’ai jamais eu peur pour ma vie. J’avais déjà ressenti des regards pesants ou des attitudes, pesantes.

J’ai déjà eu la rage face à l’islamophobie dans mon lycée – par exemple – il y a quelques années, ou face à celle présente dans les médias. Face à celle subit par ma communauté.

Et voilà, il y a quelques semaines, au début de tout ces débats sur le voile, pendant trois jours, je ne faisais qu’exprimer ma suffocation par des larmes. Et un cœur serré.

Ces trois jours ont été trop douloureux, j’avais, pour la première fois de ma vie, peur de sortir.

Une angoisse et une anxiété, décuplées.

Et ça, je n’osais pas le dire, ou en parler, déjà à mes proches, par peur de rejet et d’incompréhension de leur part, car j’exagèrerais.

J’avais l’impression d’être seule dans ma peine.

Au travail, personne ne parlait du climat opprimant et lourd qui s’installait. Je n’avais pas le courage d’en parler à mes collègues.

Je lisais, sur Instagram, tout les écrits sur l’importance de parler autour de soi de l’islamophobie, de la marche qui approchait.

Je n’avais simplement pas l’énergie de « rassurer ». Car j’avais l’impression que c’était la seule chose que je puisse faire. Non, que je devais faire.

Alors, ma seule volonté, être moi.

Partager ma poésie, partout où j’allais.

Je souhaitais juste être décochée de toutes les cases.

Etre la femme que je veux être. Avec ses rêves, ses projets, ses centres d’intérêts, ses qualités et défauts, ses ambitions, ses valeurs, Etc…
 

Nada.

 

 

Crédit photo : Lallab

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