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3 conseils pour assumer son féminisme

Non, vous n’avez pas à avoir honte d’être féministes

 

 

On aura souvent entendu que le féminisme fait peur ou qu’au contraire, il attire, comme un aimant. Que nenni ! Il est à mon sens moins craint que récupéré. Il est plus dévoyé qu’admiré. Difficile de rester droites dans ses bottes face à tant de pression. Voici donc 3 conseils pour assumer votre féminisme

 

1) Restez vous-même.

 

Ah bon ? Tu ne veux pas essayer le jeu des T-shirts mouillés ou parler en public de ta sexualité forcément décomplexée ? Shame on yooouuuu !

Etre féministe ne signifie pas forcément être à l’aise dans un environnement masculin et vous ne devez pas avoir honte de ne pas toujours vous sentir à votre place. Assumez-vous, certes, mais gare à l’homme qui vous fera passer pour une femme inapte, perpétuellement mal à l’aise en vous balançant des phrases du type : « bah alors, lâche-toi, t’es féministe ou t’es pas féministe ? » lorsque vous refusez, par exemple, de parler de certains sujets ou que vous signifiez votre embarras d’être dans un espace entièrement investi par la gent masculine. Dites-vous qu’il s’agit davantage d’une injonction qui vous est faite de vous conformer à une image biaisée et masculine du féminisme, que de vous pousser à aller au bout de votre engagement. Cet homme, à moins d’être en fait Madame Irma, ne sait pas mieux que vous où commencent et où s’arrêtent vos convictions féministes !

 

2) Ne vous censurez pas.

 

Waf waf : « Attention chienne méchante ».

Qui n’a jamais entendu que les féministes sont « susceptibles », qu’elles n’ont de cesse d’être « scandalisées » ou de « chipoter ». Le terme psychophobe « hystérique » est très fréquemment utilisé et comme les autres, il n’a pas d’autre but que de décrédibiliser le propos des concerné.e.s. Et cette stratégie fallacieuse ne date pas d’hier. En 1975, dans son ouvrage Ainsi soit-elle, Benoîte Groult citait Jean Cau, qui affirmait : « Les féministes, vous êtes des moches, vous êtes des mal-baisées, des pas baisables » .

Jugez vous-même cette sympathique phrase de Jean Lartéguy : « Bréhaignes stériles et affamées, affreuses, vioques, mal baisées, profs de philo à la retraite ».

Je suis sûre que tu es charmé.e par ces mots doux et tu veux le 06 de Jean ? Dommage, il est mort.

Pour défendre Jean-Michel Maire contre les accusations d’agression sexuelle et notamment de favoriser le slutshaming et la culture du viol, Cyril Hanouna et sa clique de TPMP ont trouvé les coupables idéaux : les journalistes et les féministes. (Pas de chance, je suis les deux. Je vais donc de ce pas m’auto-flageller.) Non seulement, elles.ils n’auraient pas d’humour, mais en plus, elles.ils manipuleraient l’opinion et créeraient des polémiques inutiles.

Ces phrases pleines de mépris émanent de la bouche des hommes, mais aussi étonnant que cela puisse paraître, nombreuses sont les femmes qui ont « succombé » à la mauvaise réputation du féminisme et ont intériorisé la misogynie. Insidieusement, on pousse les femmes à se distancier d’un féminisme « infréquentable » et donc à se taire.

L’argument anti-féministe qui consiste à accuser l’autre d’agressivité dès lors que l’on n’est pas d’accord avec ses idées, n’a qu’un seul objectif : vous discréditer !

Mais soyez fortes !

En outre, encore trop de personnes confondent féminisme et sexisme anti-hommes. Bouh les hommes ! Comme si l’objectif de ces femmes était de leur couper les cacahuètes et de les exposer en trophée… euh, non merci. 

Le Tumblr « Women Against Feminism » est une des expressions de cette croyance.

I don’t need feminism because : it’s hurting men and it’s not helping women
Je n’ai pas besoin du féminisme car : ça blesse les hommes et ça n’aide pas les femmes

 

Les féministes se battent pour l’égalité des sexes et défendent aussi bien les droits des femmes que ceux des hommes …

Vidéo sur « l’épouvantail féministe » dans les films hollywoodiens :

 

3) Vous pouvez ne pas être d’accord avec d’autres féministes et rester féministe.

 

L’objectif des féministes est le changement des mentalités : l’abolition du patriarcat, c’est-à-dire un changement de société. Notre but n’est pas d’avoir une « image acceptable » et il n’est pas de nous enliser dans notre zone de confort, mais au contraire de pousser à ouvrir les yeux sur la réalité du patriarcat.

La première erreur est de croire que le féminisme est un bloc homogène en occultant tous les autres courants. « Je n’étais pas d’accord avec ces féministes, alors je pense que je ne suis pas féministe… » ou « je n’apprécie pas la démarche des Femen alors je pense que toutes les féministes ont la même ». Le féminisme doit rester une cause solide que vous défendez. Et cette cause ne doit pas être tributaire des actes des autres, peu importe ce que vous en pensez.

La seconde erreur, et pas des moindres, est de croire que l’image d’une femme engage celle de toutes les autres.

Exemple flagrant : celui de Nabilla, pointée du doigt et accusée de mettre à mal des années de luttes féministes à cause de l’ « image » qu’elle donnerait des femmes. On a du mal à imaginer que le même reproche soit fait aux hommes : « Olala mais quel goujat, regardez quelle image il donne des hommes ! »

Alors croyons en nous ! Il s’agit de la première étape pour couper l’herbe sous le pied de nos détracteurs.

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