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[Communiqué] Sénat : Lallab dénonce les amendements sur les corps des femmes musulmanes qui portent le foulard !

Les femmes musulmanes qui portent le foulard voient en permanence leurs droits constitutionnels être bafoués. Maintes fois, au sein de Lallab, nous nous sommes positionnées contre les nombreuses politiques sexistes, racistes et islamophobes qui portent atteinte à l’intégrité des femmes musulmanes en France. Lors du Hijab Décathlon en mars 2019 ou lors de l’amendement voté au Sénat contre le port du voile des mères lors des sorties scolaires quelques mois plus tard, les mêmes mécanismes de neutralisation envers des femmes musulmanes qui portent le foulard sont à l’œuvre.
 
Dans cette continuité d’acharnement islamophobe et sexiste, le 30 mars 2021, le Sénat a ainsi voté deux amendements liberticides qui visent à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnateurs lors des sorties scolaires. Il a également adopté le non-port du burkini dans les piscines municipales ou les lieux de baignade artificielle municipaux.
 
Depuis cinq ans, chez Lallab nous défendons ce féminisme qui ne met à l’écart aucune femme en raison de ses choix vestimentaires. L’association porte la vision d’une société dans laquelle les femmes, TOUTES les femmes, seraient libres de faire ce qu’elles souhaitent faire, de disposer de leurs corps comme elles l’entendent et d’être qui elles veulent être. Ces amendements sont une énième violence qui s’ajoute aux autres violences médicales, à l’accès à l’emploi, à l’accès à l’éducation, que subissent les femmes musulmanes qui portent le foulard. Les mères qui portent le foulard ne sont pas des agentes de l’Etat. Il s’agit encore une fois d’une énième législation qui vise à contrôler le corps des femmes et d’une tantième instrumentalisation de la laïcité à des fins de stigmatisation et d’exclusion d’une partie de la population.
 
Cet amendement est également un message violent et humiliant envoyé aux enfants de ces mères et qui leur transmet l’idée qu’une partie de leur identité n’a pas leur place à l’extérieur. Comment peuvent-ils continuer de grandir et d’apprendre sereinement dans une école où leurs mères sont exclues ?
 
Nous ne cesserons de combattre toute forme d’ingérence dans le choix vestimentaire des femmes, de toutes les femmes, et des femmes musulmanes qui portent le foulard. Nous rappelons que c’est grâce au dévouement de ces mères que les sorties scolaires peuvent avoir lieu. C’est grâce à ce travail bénévole que ces loisirs peuvent se dérouler ! L’école, par l’investissement conséquent et admirable de ces mamans, a besoin d’elles !
Quant à l’interdiction du port de burkinis, il s’inscrit dans la même continuité sexiste, raciste et islamophobe de vouloir exclure des femmes qui portent le foulard des espaces de loisirs.
 
Comment peut-on défendre l’émancipation des femmes tout en excluant certaines de la société, des espaces de socialisation, de loisirs ? Nous dénonçons l’archarnement politique hautement islamophobe et sexiste, en cours depuis des décennies et qui vise à exclure les femmes portant le voile de tous les pans de la société, à les évincer de l’espace public, à les déshumaniser.
 
Nous leur réitérons notre immense soutien et lutterons à leurs côtés pour leurs droits et contre la haine qui les vise.
 
Nous envoyons également tout notre soutien au corps enseignant, qui se bat depuis des années avec un soutien tout relatif de son ministère pour garantir une éducation accessible, humaine pour tou.te.s les élèves, et qui, au lieu de ce genre de polémiques, aurait besoin d’actions, de fonds, de personnels…
 
 

Crédit photo : Diego Fornero, Corso Sommeiller, Torino, febbraio 2010

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