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Communiqué : soutien à Imane Boun, à Maryam Pougetoux, et à toutes les femmes musulmanes face à l’obstination sexiste, raciste et islamophobe

Lallab apporte son immense soutien à Imane Boun ainsi qu’à Maryam Pougetoux, lâchement attaquées et prises à partie par des journalistes et élu.e.s politiques car elles portent le voile. En cette journée européenne contre l’islamophobie, nous souhaitons leur exprimer notre profond soutien et notre admiration face à leur engagement et au travail important qu’elles font auprès des étudiant.e.s.

 
L’acharnement sexiste, raciste et islamophobe qui vise les femmes musulmanes qui portent le foulard depuis plusieurs années ne faiblit pas. Que ce soit une étudiante qui partage des recettes de cuisine afin d’aider d’autres étudiant.e.s en difficulté financière à manger dignement ou une étudiante engagée dans la vie académique, vice-présidente de l’UNEF, il est malheureux de constater que leurs voix ne sont ni écoutées, ni respectées, alors que leur apport à la vie citoyenne et démocratique est précieux. Nous notons avec désolement que les mêmes procédés de déshumanisation suivis de débats médiatiques stériles sur le voile ne changent pas. En agissant ainsi, ils alimentent ce climat anxiogène et délétère dans notre société, détournant l’opinion public de s’insurger de la gouvernance inégalitaire et discriminatoire qui est en action dans notre pays.
 
Par ailleurs, l’absence de soutien de la part de nos représentant.e.s politiques face à ces situations est très grave.
 
De telles attaques auraient dû faire l’objet d’une condamnation publique et officielle ; bien au contraire, le silence de nos représentant.e.s ne fait que relancer la machine sexiste, raciste et islamophobe, confirmant ainsi leur complicité dans ce système de violences ciblant fortement les femmes musulmanes.
 
Pire encore, le fait que ces discriminations proviennent de nos élites médiatiques et politiques a des répercussions directes et néfastes pour les femmes qui portent le voile : Lallab ne compte plus les demandes d’aide de la part de ces femmes rejetées, refusées d’entrée dans des administrations, des magasins, des associations culturelles, et sportives, discriminées à l’embauche par des petits capots zélés reproduisant ainsi tristement l’exemple de nos dirigeants.
 
Il y a déjà un an, nous faisions ce même constat, lorsqu’un député du Rassemblement National avait ouvertement exigé qu’une accompagnatrice qui porte le voile enlève « son voile islamique » ou quitte l’hémicycle alors qu’elle accompagnait la classe de son fils lors d’une sortie scolaire. Nous nous étions également insurgées lorsqu’un amendement avait été voté l’an dernier par le Sénat pour interdire l’accompagnement scolaire aux mères qui portent le voile. 
 
Toute cette supercherie islamophobe témoigne du harcèlement obsessionnel et dangereux que certain.e.s personnalités politiques et médiatiques entretiennent avec le voile. Ce qui leur importe n’est pas tant la liberté de ces femmes, ni le principe de laïcité ou de neutralité religieuse, mais leur obsession sur nos corps, l’obstination à vouloir émettre un avis sur nos choix vestimentaires et la farouche volonté de nous effacer des espaces de représentation et de pouvoir. 
 
Comme nous l’avions souligné dans notre tribune sur la santé mentale : les discriminations sexistes, racistes et islamophobes systémiques ont un impact sur la santé mentale des femmes musulmanes. Nous sommes épuisées et nous refusons cette destruction organisée de nos santés mentales. Encouragés par les gouvernements successifs, se nourrissant avec délectation des imaginaires coloniaux et racistes, les médias n’ont de cesse de nous désigner comme ennemies de l’intérieur, dont les moindres faits et gestes devraient être surveillés, analysés, scrutés, allant même jusqu’à inviter chacun.e à être à l’affût de « signaux faibles de radicalisation ».
 
Combien de temps cette déshumanisation constante va t-elle encore durer ?
 
Combien de fois devons-nous expliquer que ces agressions sexistes, racistes et islamophobes sont éreintantes psychologiquement et physiquement, affectent nos vies et sont le terreau des discriminations systémiques que nous vivons au quotidien ?
 
Nous prenons aujourd’hui la parole pour dénoncer le poids mental et moral que ces schémas de pensée ont sur notre corps et notre santé. Nous alertons encore sur cette société qui façonne le vivier d’une psychose à notre égard, créant un mal-être social, psychologique, dans lequel nous baignons depuis fort longtemps. Il est primordial de dénoncer la précarité sociale et économique dans laquelle nous nous retrouvons, mais aussi la souffrance morale et psychologique que tout cela édifie.
 
Nous souhaitons aujourd’hui réitérer notre ras-le-bol général, notre agacement et notre souffrance face au mépris de la classe politique et médiatique. Notre humanité et nos existences ne sont pas à négocier, nos réalités doivent être prises en compte et nos choix vestimentaires respectés : nous ne sommes ni des sujets de débats, ni des objets de fascination à éliminer. 
 
Notre soutien inconditionnel va à toutes les femmes musulmanes, visées par le mépris de nos dirigeants, qui assistent impuissantes à ce spectacle de violences qui s’ajoutent, malgré elles, aux violences racistes, sexistes et islamophobes qu’elles vivent déjà dans leur quotidien. Cette souffrance est réelle et nous ne cesserons de travailler et de lutter pour défendre la dignité des femmes musulmanes et faire appliquer les lois assurant les droits fondamentaux à ces femmes. Nous vous envoyons de l’amour, de la force et notre soutien indéfectible
 
 
Crédit image à la une : Blachette

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